DESSINS

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Glanant des fragments de représentations médicales, picturales ou théâtrales, les dessins de Léa Falguère s’organisent par reprises et par bribes éparses – ici une hanche, un ongle, ou là, le bleu d’un genou, la commissure d’une lèvre – un ensemble de traits, tâches et touches au sein desquels l’on ne trouve jamais «un corps» mais une série d’occurrences singulières, de gestes répétés ne parvenant pas à coïncider en une figure univoque. Aussi le corps constitue moins l’objet de ce travail qu’il n’en est la figure manquante, l’absence motrice de constructions fragmentaires, polyphoniques, dont il faudrait toujours – encore –  redessiner les contours.  


A coups de figures ouvertes, marques, éraflures et surfaces gommées, mais aussi par le jeu des analogies entre «opérations» plastiques et chirurgicales, ce travail déployé en séries accorde une importance particulière au geste. La scénographie des mains figurées résonne avec les traces de celles de la dessinatrice, laissant leurs empreintes et les plis de leur pression sur le papier. D’un dessin à l’autre, ce sont avant tout des notions de coupures, de bords et de limites qui y sont continument interrogées – mettant en relation corps représenté et littéralité du processus plastique. Nous glissons ainsi d’une entaille anatomique aux coupes produites à même le support, du cisèlement de certaines figures à la délimitation produite par le bord du papier. A travers ces corps inlassablement répétés, cités, repris, recoupés, l’exploration devient alors peut-être celle des limites du dessin lui-même, dans sa capacité à faire tantôt signe, scène, tâche, motif, empreinte ou déchirure, autant de modalités l’engageant à (se) recréer de singulières « anatomies ».

Vernissage : vendredi 08 OCT à 18h

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