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Nina Maller : Hautes erres
LEA FALGUERE (TEXTE)
CATALOGUE D'EXPOSITION, éd. GALERIE CAPAZZA, 2026
ISBN : 979-10-96669-74-5
À la question Comment peindre le vent, Léonard de Vinci répondait que celui-ci, ne pouvant être perçu en tant que tel, n’est saisissable que par ses effets sur les choses visibles – par ce qu’il emporte, transporte ou effleure : par le fléchissement des branches, le glissement des nuages, la dissémination des poussières et des pollens, ou encore cette houle de battements et de frottements qui forment, à la surface de l’eau, l’ondulation rythmée des vagues. L’ensemble de ces motions singulières des matières au contact de l’air, les effets de son passage, de son frayage, de ses bourrasques parfois, c’est peut-être cela – pense-t-on d’abord – que nous donnent à voir les dessins de Nina Maller. À les regarder, on devine un souffle s’engouffrant dans les sillons des falaises, s’infiltrant dans les roches, vaguant, divaguant, effleurant les surfaces froncées par lui de légers plis, s’emportant parfois en rafales et ressacs. Mieux encore, il semblerait que ce soit le vent lui-même qui en ait dessiné les formes, que le paysage tout entier émane d’une telle agitation aérienne, si bien que l’on se demande si ces feuilles de papier ont été touchées autrement que par les remous de l’air. Les teintes y sont exhalées plutôt que déposées, elles y semblent moins supportées que transportées. Pas de traces de l’intervention d’une main, d’un tracé ni d’un objet qui aurait été ici posé – rien que le dépôt mouvant des pigments et des eaux au contact du papier et de l’air.
L'exposition de Nina Maller est visible du 27 juin au 20 septembre 2026.
GALERIE CAPAZZA
1, rue des faubourgs
18330 NANCAY
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